La pénurie de main-d’œuvre renforce le syndicalisme

Le secteur des soins de santé fait face à des défis majeurs. L’hôpital UZ Leuven en est bien conscient. La pression sur le personnel augmente et les départs sont à la fois une cause et un problème. Pour avoir suffisamment de personnel sur le pont, il faut donc avoir une organisation rigoureuse, mais aussi de bonnes conditions salariales et de travail.

L’équipe syndicale suit les choses de près. « Nous avons une communication ouverte et transparente avec nos collègues. Dans les deux sens », précise Erik Plessers, représentant des cadres à l’UZ Leuven. « Parce qu’ils vivent la réalité quotidienne et nous inspirent de nouvelles idées susceptibles d’améliorer concrètement leur travail. »

Sur quoi avez-vous travaillé dernièrement ?

Erik : « Il y a quelque temps, nous avons invité tous les infirmiers en chef à réfléchir aux moyens de maintenir la charge de travail à un niveau raisonnable. L’UZ Leuven a mis en place un plan lits, afin de remédier à la pénurie de personnel. Nous aimerions participer à cette réflexion. Une meilleure organisation et un meilleur flux, combinés à un nombre réduit de lits, peuvent faciliter le travail. Mais les salaires et les conditions de travail doivent également être attractifs pour que les travailleurs aient envie de rester. Lors d’une réunion du personnel, nous avons testé un certain nombre de propositions pour les infirmiers en chef. »

Comment les collègues ont-ils réagi ?

Erik : « Beaucoup ont répondu présent et les échanges ont été nombreux durant la réunion. Et il y a déjà un premier résultat. Notre employeur s’est engagé à instaurer des chèques-repas d’ici 2026. »

 

« Œuvrer pour avoir suffisamment de personnel, c’est œuvrer pour de bonnes conditions de travail »

 

Que prévoyez-vous d’autre ?

Erik : « Nous travaillons actuellement sur une politique de déconnexion. Les infirmiers en chef et les supérieurs hiérarchiques y tiennent beaucoup. Ils font un métier où il est difficile de déconnecter. D’autre part, ils doivent aussi montrer le bon exemple aux membres de leur équipe. Nous travaillons sur ce thème avec les infirmiers en chef et les responsables de l’UZ Leuven. Nous voulons écouter chaque voix pour conclure des accords-cadres qui conviennent à tous. »

Pourquoi le thème de la déconnexion est-il si important ?

Erik : « C’est la clé d’un bon équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Se déconnecter, c’est bon pour la santé. La mise en œuvre peut varier d’une personne à l’autre. Mais en nous écoutant les uns les autres, nous pouvons parvenir ensemble à des accords réalistes. Pour ma part, j’essaie de communiquer ouvertement sur la manière dont les membres de mon équipe peuvent être contactés, pour quel motif et quand. Je parle des périodes de vacances, de ce que nous publions dans notre groupe WhatsApp et je précise que personne n’est obligé de répondre. En cas d’urgence, j’appelle au lieu d’envoyer un courriel, afin que mes collègues ne se sentent pas obligés de consulter leur courrier en dehors des heures de travail. »

Never Work Alone 2023 | Auteur: Nouchka Roelants | Image: Daniël Rys